Méli-mélo de bric-à-brac...

lundi, septembre 18, 2006

Histoire de filles-Le retour-: Amoureuse transie.


Une fille, quand elle tombe amoureuse, elle préfère se garder de l’avouer. Au moins au début. Au moins à celui qui apparaît dans ses pensées sans qu’elle ne puisse le maîtriser.
Alors au début, elle rêve. Elle se dit que ça doit être bien de se trouver avec lui, tout simplement. Elle espère qu’un jour, il calquera ses songes sur les siens. Elle voudrait qu’il la regarde comme elle l’a imaginé.

Quand elle est certaine d’être amoureuse, une fille peut parfois parler. Lui parler. Lui faire comprendre. Elle pourra plus vite oublier, remplacer, accéder ou embrasser. Parfois.

Quand elle est certaine d’être amoureuse, une fille peut aussi ne rien dire. Alors ça dure. Elle attend. Elle espère encore. Elle se conforte dans sa situation d’éternelle pensive, de perpétuelle patiente. Comment savoir si c’est possible sans ne rien laisser paraître ? Le test. Les discussions. L’observation. Et l’analyse.
Une fille voudrait être certaine avant de se dévoiler, avant d’oser, avant de laisser parler son « secret ».
Parfois ça dure encore plus. Et quand ça dure encore plus, les tests, les discussions, les observations ne servent plus à rien. Elle analyse un peu dans le vide en faisant tourner dans son esprit tout ce qui y a déjà germé. Elle tente de se rapprocher de LA solution la plus probable, de l’échappatoire la moins floue. Elle collectionne dans sa mémoire tous les mots importants que celui qui torture ses pensées a prononcé.
Les mots, les paroles, les bribes de phrases, les interrogations et les exclamations, les élocutions conclues de points de suspension, les réponses, les gestes, les regards, les attentions et les détournements, tout ce qui fait qu’elle cherche dans sa tête un début d’éclaircissement. Une envie de savoir et de désir de décortiquer le cerveau de l’autre pour posséder ce qui s’y loge.

Et ça dure encore et encore… De toute façon, s’il avait aimé, il l’aurait dit ! Mais au fond, pourquoi l’aurait-il fait si elle-même ne se dévoile pas ? Comment savoir si un homme régirait de la sorte ? Une fille quand elle est amoureuse, elle espère forcément. Est-ce qu’un homme peut lui aussi espérer autant de temps ou est-il si différent qu’une fille pourrait le penser ? Mystère… En tout cas, s’il n’y avait pas d’espoir, une fille ne se poserait pas autant de questions.

Mais quand cet espoir est rompu, une fille a mal. Parfois beaucoup. Parfois longtemps. C’est une chose qu’une fille ne peut pas contrôler encore une fois. Ce n’est pas plus de sa faute si elle souffre que d’être tombée amoureuse de Lui. Mais même si cette aspiration brisée fait mal, elle provoque aussi l’effet inverse. C’est grâce à lui qu’une fille peut se reconstruire. Elle tire un trait sur cet amour rêvé, peut-être même idéalisé. Elle tourne la page des sentiments abstraits. Elle raye progressivement de son espace « tendresse » celui qui la laissait dans l’attente d’être enfin prise dans des bras, d’être remarquée et choyée, d’être écoutée et toisée. Elle tente de se tourner vers un nouvel inconnu (ou pas), où elle pourra enfin trouver ses réponses et où elle ne risque pas de rester une amoureuse transie.

14 Comments:

At 9/18/2006 8:46 PM, Anonymous Anonyme said...

Coucou Alex!

Joli texte, bien vu et bien cerné, je le trouve chouette. Et *lui chuchotte-t-il* je crois que les garçons se font les mêmes réflexions, à peu de choses près! Si, si!

Ce regard, c'était quoi ? Se pose-t-elle la question ? Songe-t-elle parfois à Moi?

A quoi pense-t-il ? Ce qu'il a dit la dernière fois... L'a-t-il remarqué ?

QQun (Jean d'Ormesson je crois) a dit un jour que la plus belle chose au monde n'est pas d'aimer une autre personne, mais d'en être amoureux. L'alchimie subtile des non-dits, des espérances et des échecs me fait croire qu'il a raison.

 
At 9/18/2006 8:53 PM, Blogger On s'en fout ! said...

Mouais... C'est peut-être plein d'adrénaline au début, puis ça prend la tête, ça stresse, ça rend triste et ça peut détruire. Être amoureux est certes très agréable, mais ça l'est d'autant plus quand c'est partagé...

 
At 9/18/2006 10:21 PM, Anonymous Anonyme said...

Je sens que tu es dépitée et lasse. C'est sûr les déceptions laissent des traces, comme un goût de cendre dans la bouche. A chaque fois c'est pareil, on se fait avoir. On a beau se dire qu'on ne nous y reprendra plus, un regard, une parole, un geste : le coeur s'emballe, on se prend à rêver.

Etre amoureux c'est toucher la substance du bonheur tant qu'on est suspendu dans l'indécis, cette sensation douce-amère qui peut nous faire tomber dans la plus profonde mélancolie ou la plus grande joie. Pour autant faut-il garder cette humeur sombre?

Je souhaite que la joie chasse ta moue.

 
At 9/18/2006 10:45 PM, Blogger On s'en fout ! said...

Tu rigoles ou quoi? Mais je vais très bien! Et il n'est pas dans mes habitudes de m'exprimer concrètement sur mon compte, particulièrement sur ma vie sentimentale.

Il est évident que notre vécu a beaucoup à voir dans notre façon de penser. C'est donc normal que ce que j'ai écrit se rapproche de ce que je pense et de ce que j'ai pu ressentir.
On a heureusement des ressentis qui divergent, et le mien est le dernier. Mais rassure-toi, je ne fais pas du tout la moue, au contraire... Je ne me suis jamais sentie aussi... bien, ça doit être le mot approprié!

A suivre... il y aurait tant de choses à dire!

 
At 9/19/2006 9:16 AM, Anonymous Anonyme said...

Oui je rigolais, je parlais de ta "moue" dubitative relatif à l'état amoureux "qui peut prendre la tête". Mais tu l'as dit, les ressentis divergent, je tentes toujours de voir le bon côté des choses, nous ne sommes pas encore tous passés par la machine à homogénéiser ;)

Sans doute d'autres intervenants ont leur mot à dire sur le sujet?

 
At 9/19/2006 1:11 PM, Anonymous Anonyme said...

Oui, moi !
Tout à fait d'accord !

Quand il s'agit d'un inconnu, il est aisé de se jeter sur lui. Rien à perdre, tout à gagner… Mais, quand la personne désirée est déjà connue, alors tout se complique. On croît être explicite et, en réalité, elle ne remarque rien. Ou alors, le message est passé. On en est sûr. Rien ne se passe ; « elle n’est pas intéressée ». On se dit que cette personne a franchi la « frontière de l’amitié » et qu’à présent il serait injustifié de perdre une si belle relation.

Alors on abandonne…

Qu’importe. L’important c’est de ressentir la violence des sentiments (jubilation : « Elle le sait ! » ou effondrement : « Tout est perdu, je suis moche de toute façon et neuneu en plus de ça et puis… »).

Qu’importe le résultat du moment que l’on se sente vivre. Quand on est conscient qu’à n’importe quel instant tout peut cesser, on prend enfin plaisir à pleurer, souffrir, ressentir une douleur. Ce n’est pas de la faiblesse mais une grande force. On s’extasie devant ces gouttes dégoulinant contre la vitre, ces rayons de soleil traversant un nuage, le bruit du vent contre les feuilles, cette chanson des Creedence. Des petits riens qui font battre le cœur de manière anarchique.

 
At 9/19/2006 2:20 PM, Blogger On s'en fout ! said...

Je suis contente de te voir ici Cécile, vraiment! ;)

D'accord avec l'intensité des sentiments, la douleur qui fait du bien, les larmes qui soulagent, la sensation d'être dans une bulle increvable...

Mais n'empêche... on ne peut pas se complaire dans cet état, est-ce que ça nous mènerait quelque part?
Ça reste trop étrange, parfois tabou, incontrôlable et captivant. Mine de rien, en éprouvant tout ceci, on rêve de se trouver de l'autre côté du miroir, sinon, tous ces ressentiments ne seraient pas bel et bien présents.

Et quand on "abandonne", comment peut-on savoir si on a pris la bonne décision? Est-ce que LA personne en question a véritablement reçu nos messages? Ou est-ce qu'elle les a bel et bien eus et qu'ils la laissent indifférente?
Le pire c'est que parfois on ne veut pas le savoir, ou on n'ose pas, plutôt.

Tout est bien compliqué, mais au fond, est-ce qu'on aimerait faire plus simple?... C'est pas sûr!

(Je commence à me dire que mes histoires de filles vont en faire réagir quelques uns... Cool, j'en ai encore plein en réserve!)

 
At 9/19/2006 8:50 PM, Blogger matt said...

Ce commentaire a été supprimé par un administrateur du blog.

 
At 9/19/2006 10:08 PM, Blogger matt said...

quelle chanson de Creedence ? La seule que je connaisse est up around the bend...
cécile, je suis à moitié d'accord avec toi. il est vrai qu'il est moins risqué de "tenter sa chance" avec une personne que tu ne connais pas qu'avec un(e) ami(e)... mais c'est une loterie. alors que si tu la connais, ça tient plus du PMU. je m'explique.
premier cas : xy ne connait pas bien xx. il lui déclare, non pas sa flamme, car elle n'est pas encore là, mais son étincelle. là c'est une loterie. ça marchera, ça marchera pas (50/50)...
second cas : xy connaît xx. suffisamment pour savoir qu'il aimerait la connaître un peu mieux, mais pas assez pour savoir si c'est réciproque. alors là c'est un pari. pas simplement dans le sens où il estime la probabilité de se prendre un blizzard. surtout pour la suite de leur histoire, qui n'en sera que consolidée par leur amitié révolue, transformée en amour...

mais tout est question de prise de risque...

 
At 9/19/2006 11:43 PM, Anonymous Anonyme said...

Personnelement, je suis plutôt chanceuse à la loterie mais je n'ai encore jamais tenté le PMU... Il faut que je me renseigne sur les règles du jeu.
lol

 
At 9/20/2006 12:35 AM, Blogger On s'en fout ! said...

Tout est question de prise de risque, de paroles et de non-dits, de faux espoirs et de vrais, de pas vers l'avant ou de stagnation.
Parfois, tout tient dans une main, et on ne le sait pas toujours!

Matt, c'est cool, à te lire, je ne me suis pas trompée... C'est donc souvent Lui (XY) qui prend l'initiative d'aller vers Elle (XX)...
J'ai peut-être un sujet de ce genre dans mes archives, 'faudrait que je cherche...

 
At 9/20/2006 10:27 AM, Blogger On s'en fout ! said...

Ouep, mais on est en France! :P

 
At 9/20/2006 11:31 PM, Blogger On s'en fout ! said...

Je suis ravie de voir qu'un garçon assume tout à fait ce rôle...

 
At 10/10/2006 9:36 AM, Anonymous Anonyme said...

Parfois j'ai l'impression d'être une fille...

... et je ne m'aime pas trop quand je me comporte ainsi !

 

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